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Au cours de cette année 2023, j’ai rencontré un très grand nombre de gestionnaires d’ASBL. Que ce soit dans le cadre des missions d’écriture que je réalise pour des associations ou des événements que j’ai eu l’occasion de co-organiser cette année, ces moments ont toujours donné lieu à des échanges passionnants.

Parmi les thématiques principales et récurrentes, il a souvent été question de la professionnalisation du secteur associatif – appelé également secteur non lucratif – et englobé plus largement au sein du secteur à profit social / non marchand.

Cette thématique, chère à l’ASBL ASBLissimo avec qui j’ai collaboré durant plusieurs mois, met en lumière plusieurs phénomènes interreliés tels que l’augmentation de la concurrence entre les ASBL, la nécessaire diversification des sources de financement (hybridation des financements) pour éviter notamment une dépendance aux subsides ou encore le recours à des activités marchandes et le lancement de campagnes de levées de fonds.

Une concurrence accrue entre associations

Je me souviens d’une responsable d’ASBL qui m’avait reprise lors d’un workshop après avoir prononcé le mot « concurrence » auquel elle préférait le terme « coopération ». Les deux notions cohabitent.

Bien que le terme « concurrence » sonne parfois comme un « gros mot » dans le secteur associatif, il désigne une réalité bien réelle qui se manifeste notamment au niveau de l’octroi de subsides, des dons –et du financement de manière générale–, ainsi qu’au niveau du public cible.

La multiplicité des financements publics octroyés en fonction des projets des organisations plutôt qu’en fonction de leur seule raison d’être crée inévitablement cette mise en concurrence.

Or, on gagnerait à encourager la coopération entre les structures.

Des contrôles et des évaluations chronophages

Cette concurrence s’accompagne d’un contrôle – légitime mais néanmoins non sans conséquence – des pouvoirs subsidiants qui financent les associations et qui exigent que ces structures soient suivies et évaluées. Les reportings à charge des associations peuvent s’avérer chronophages et énergivores. Ils témoignent de la complexité administrative et des efforts nécessaires pour justifier l’utilisation des fonds publics.

« Pour justifier 50.000 euros de l’Europe, il faut passer 2 à 3 semaines à compléter des timesheets, minute par minute. Pour la même somme provenant d’un fonds privé, le reporting prend ¾ d’heure.  Résultat : je préfère recevoir de l’argent du privé. », avait témoigné une directrice d’ASBL lors d’un workshop sur le financement.  

D’où tout l’intérêt de se demander si le jeu en vaut vraiment la chandelle. Autrement dit, l’énergie à fournir pour décrocher, concrétiser et justifier l’éventuelle subvention est‐elle supérieure au subside lui‐même ?

Une professionnalisation indispensable du secteur associatif

Pour se démarquer et s’assurer d’obtenir une part du gâteau, les ASBL deviennent de plus en plus professionnelles. Il n’est pas rare d’entendre ou de lire qu’elles deviennent des gestionnaires d’entreprise, avec des techniques de gestion empruntées au monde entrepreneurial.

Il s’agit pour ces structures de se montrer performantes et de prouver leur capacité à gérer efficacement. La professionnalisation est devenue aujourd’hui un impératif : les ASBL savent qu’elles n’ont pas le choix.

Une diversification des sources de financement et des activités génératrices de revenus

La professionnalisation s’incarne également dans la capacité des organisations à élargir leurs sources de revenus afin d’éviter une (trop grande) dépendance aux subsides. La diversification des revenus, notamment par le développement d’activités génératrices de revenus, constitue une approche cruciale.

Aux côtés de ces activités commerciales, d’autres sources de financement (non marchandes) sont à envisager ou à professionnaliser pour pérenniser et développer son organisation telles que le recours aux dons financiers et aux legs, le sponsoring et le mécénat.

Plus de 2.300 ASBL en Belgique peuvent délivrer des attestations fiscales

Pour délivrer une attestation fiscale aux donateurs (lorsque le cumul des dons de l’année est égal ou supérieur à 40€/an) donnant lieu à une réduction d’impôt à hauteur de 45%, l’association doit détenir un agrément.

Plus de 2.300 ASBL en Belgique disposent de cet agrément. Pourquoi est-ce important ? Parce que cet incitant fiscal est un argument de poids auprès des donateurs particuliers et des entreprises. Les fonds ainsi récoltés permettent aux organisations de gagner en autonomie et d’assurer leur stabilité financière.

Certaines associations travaillent à plus de 50 % sur la base des dons des particuliers. C’est le cas de  Médecins du Monde, de Médecins Sans Frontières, de Greenpeace, de la Fondation Abbé Pierre ou encore des Petits Frères de Pauvres.

Ensemble, dans un contexte concurrentiel mais néanmoins coopératif, les ASBL évoluent vers une professionnalisation nécessaire et explorent de nouvelles voies de financement. Ces défis rendent le secteur plus résilient et plus innovant.

Lina Fiandaca

 

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