Sale temps pour le secteur associatif. Après deux ans de crise sanitaire, la crise économique et énergétique s’est invitée au menu de la rentrée. Le prix des charges s’envole tandis que les dons et legs s’amenuisent. 

 Plusieurs associations actives auprès des personnes sans-abri tirent la sonnette d’alarme. A Liège notamment où nos confrères de la RTBF ont interrogé « La Lumière ASBL » et « Opération Thermos ». Toutes deux ont témoigné de leurs difficultés pour maintenir leur budget à l’équilibre. Même son de cloche à Charleroi où nous avons rencontré Sophie Crapez, coordinatrice de l’ASBL Comme Chez Nous. 

C’est la crise de trop. Celle qui conduit, pour la toute première fois, l’ASBL Comme Chez Nous à mener une réflexion sur la remise de préavis à titre conservatoire. C’est la mort dans l’âme que Sophie Crapez, la coordinatrice de cette association, qui accueille et accompagne des personnes sans-abri depuis 27 ans en plein cœur de la cité carolorégienne, évoque la possibilité de licencier du personnel. Licenciement, le mot est lâché. Les chiffres permettent de prendre la mesure de la gravité de la situation. « Nous avons reçu le recalcul de notre consommation énergétique. Rien que pour notre Centre d’Accueil de Jour « Le Rebond », nous passons d’un montant de 430€ par mois à une somme exorbitante de 1500€. Cela équivaut désormais au coût net mensuel d’un travailleur social », rapporte Sophie Crapez.

Et la coordinatrice de poursuivre : « Autre exemple criant : nous avons reçu le décompte de la consommation de gaz de l’un des habitats collectifs que nous gérons. Pour ce logement occupé par 5 personnes, nous devons rembourser 7.000€. Ce montant porte sur les consommations durant… 6 mois ! L’enveloppe totale dont nous disposons pour ce projet de co-logement est de 21.000€ : un tiers de ce budget est donc absorbé par les frais énergétiques ».

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