Découvrez la spécialisation en psychopathologie. Cette discipline investigue le champ de la santé mentale et étudie les troubles mentaux. Destinée aux professionnels de la santé, du social et du pédagogique, cette formation de deux ans est proposée par le Centre d’Enseignement Supérieur pour Adultes, le CESA. Sa directrice adjointe et enseignante dans la section, Betty Zoltan nous dit tout sur ce cursus centré sur l’expérience de terrain et basé sur une articulation constante entre la pratique et les apports théoriques.

 

Comment réagir face à un usager qui parle tout seul en salle ? Ou qui discute avec une personne que lui seul peut voir ? Que faire face à un résident qui est pris de manière brutale d’une peur intense, d’un sentiment de mort ou de catastrophe imminente alors qu’il n’existe pas de réel danger ? Que faire face à un bénéficiaire qui entend des voix qui le poussent à « passer à l’acte » ou qui lui donnent la sensation d’être persécuté ? Ou face à un patient en pleine phase maniaque ?

Ce ne sont là que quelques exemples des nombreuses situations auxquelles les professionnels de terrain des secteurs psycho-médico-sociaux sont confrontés. Face à la complexification des situations et à l’augmentation de la prise en charge de patients avec double ou triple diagnostic, les travailleurs peuvent se sentir dépassés voire démunis. C’est cet aveu d’impuissance parfois couplé à un manque de bagage théorique ou encore à la volonté de (re)questionner leurs pratiques d’institution qui motivent ces travailleurs à s’engager dans la spécialisation en psychopathologie.

Pour mieux comprendre et accompagner les personnes souffrant de troubles mentaux

C’est qu’aujourd’hui, la santé mentale constitue un véritable enjeu de santé publique : au-delà des services de santé mentale (SSM), elle touche aussi bien les secteurs de la grande précarité que de la toxicomanie ou encore de l’aide à la jeunesse. Bref, la santé mentale est partout. C’est dans ce contexte que le bachelier de spécialisation en psychopathologie apporte une réelle plus-value aux professionnels sur le terrain. Tant vis-à-vis des publics accueillis et accompagnés que vis-à-vis de leur institution.

« La psychopathologie est la discipline qui consiste à étudier les troubles mentaux. Comme ceux-ci se définissent par rapport à une norme, on peut les considérer comme des anomalies mentales, ce qui implique nécessairement d’interroger la norme et donc le contexte social, culturel, juridique mais aussi institutionnel dans lequel s’insère l’individu qui en souffre, explique Betty Zoltan. La fonction principale de la psychopathologie consiste à étudier ces anomalies, en percer les mécanismes et la genèse, en définir la fonction ainsi qu’étudier et mettre à jour les moyens potentiels permettant de diminuer la souffrance qui en résulte chez la personne atteinte et son entourage : étude, évaluation, diagnostic, aides et traitements de la souffrance psychique quelle que soit son origine. »

Puis-je suivre cette spécialisation ?

Pour prendre part à cette spécialisation, il convient d’avoir un titre requis : un bachelier ou un grade équivalent de la catégorie paramédicale, sociale ou pédagogique. Sans titre requis préalable, la formation peut néanmoins être accessible après réussite d’un examen d’admission.

Cette formation s’adresse principalement à des professionnels de terrain qui sont confrontés à des bénéficiaires, des usagers, des résidents ou des patients qui souffrent de troubles mentaux et qui, dans un travail pluridisciplinaire, viennent questionner et penser leur travail différemment.

Parmi les professions représentées, on retrouve, entre autres, des éducateurs, des psychomotriciens, des infirmiers, des assistants sociaux. « Généralement, ils ont au moins 10 ans de carrière, ils ont du recul », précise Betty Zoltan.

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