Le Centre d’Enseignement pour Adultes (CESA) de Roux est une référence dans la formation des psychomotriciens. Fort d’une expertise de près de 40 ans, il est réputé pour la formation corporelle personnelle des étudiants qui réalisent, durant leur cursus, un véritable travail sur soi à visée professionnelle. Ce volet du bachelier est profondément ancré dans l’histoire et l’ADN de l’institution de promotion sociale. C’est notamment cette spécificité qui attire les étudiants, comme nous l’explique Anne van den Bril, psychomotricienne et coordinatrice du bachelier en psychomotricité au CESA.

 

Le Centre d’Enseignement Supérieur pour Adultes de Roux organise la formation paramédicale en psychomotricité depuis… 1980 ! Depuis 2012, ce qui était jusque-là une spécialisation paramédicale et ensuite un post-graduat est devenu un bachelier paramédical d’abord en co-organisation et ensuite en co-diplomation avec la Haute Ecole Louvain en Hainaut (HELHa). Preuve de l’expertise de l’institution dans ce domaine !

Le bachelier paramédical en psychomotricité intervient dans le champ de la santé, de l’éducation et de la recherche. En lien avec les autres professionnels, le psychomotricien contribue au développement global de la personne par la prévention, les soins, l’approche thérapeutique. Il met en œuvre une méthodologie de l’observation et réalise des bilans d’évaluation de la dynamique psychomotrice. Il assure des prises en charge individuelles et/ou collectives dans les domaines de la prévention, de l’éducation et du soin psychomoteur.

Les grilles de cours et les contenus du bachelier en psychomotricité se basent sur le profil du psychomotricien tel que défini par l’Union professionnelle belge des psychomotriciens francophones. Ce profil le différencie des autres professionnels paramédicaux. « A travers une démarche spécifique, il favorise l’intégration des fonctions motrices, émotionnelles, cognitives et symboliques de la personne. Il considère le corps, et plus particulièrement la mise en action tonique et corporelle, comme le fondement de la construction psychique. A partir de son engagement corporel et du dialogue tonico-émotionnel avec son patient, il s’emploie, par des compétences techniques et relationnelles, à construire avec lui des expériences corporelles qui lui permettent d’instaurer ou de restaurer le lien entre le somatique et le psychique  » .

Trois axes dans la formation

La formation du psychomotricien s’inscrit autour de trois axes : l’axe conceptuel et de la connaissance, l’axe de la didactique et de la mise à l’épreuve du terrain et, enfin, l’axe de la formation corporelle. C’est ce troisième axe qui va se présenter comme le cœur de la formation du psychomotricien et qui a été développé au sein du CESA.

La formation corporelle : une spécificité du CESA

La formation corporelle personnelle du psychomotricien en devenir est « un travail sur soi à visée professionnelle » par lequel il va découvrir et expérimenter lui-même les principales fonctions psychomotrices. Ceci afin de laisser émerger et d’appréhender les notions et concepts théoriques, à partir de l’expression et de la reconnaissance de son vécu.

« La formation corporelle aura une place centrale tout au long du bachelier : elle va soutenir tout le travail du psychomotricien. C’est le cœur de notre formation. Cela fait partie de notre histoire, de notre identité. Le travail autour du corps est inscrit dans notre ADN », précise Anne van den Bril. C’est notamment cette spécificité qui attire les étudiants au CESA.

Les cours théoriques en lien avec la pratique

Les cours délivrés par le CESA en partenariat avec la HELHa sont extrêmement riches au niveau conceptuel et théorique et s’articulent en permanence avec des stages.

Les cours de la première année portent sur les éléments de base liés à la psychomotricité, la découverte de la psychomotricité (histoire et fondements de la psychomotricité, activités corporelles), les sciences sociales et humaines (psychologie et pédagogie), les sciences fondamentales et biomédicales (biologie, anatomie et physiologie, santé publique, premiers soins), la didactique (l’élaboration de l’intervention psychomotrice, cours théoriques liés aux concepts psychomoteurs et à l’observation) et la méthodologie appliquée (activités psychocorporelles, approche psychosomatique, expressivité corporelle et psychomotrice).

Dès la deuxième année, les cours portent plus spécifiquement sur l’axe prévention/éducation et sur l’approche conceptuelle (concepts psychomoteurs, développement psychomoteur, neurologie et psychomotricité, psychologie clinique, approche sociologique et philosophie du corps), la méthodologie approfondie en psychomotricité (analyse corporelle de la relation, techniques corporelles adaptées, activités corporelles spécifiques) ainsi que la poursuite de la didactique auprès d’un public d’enfants en âge maternel, des sciences sociales et humaines, des sciences fondamentales et biomédicales.

En troisième année seront privilégiés l’approche thérapeutique et le soin psychomoteur. S’ajoutent au cours de deuxième, les cours de didactique psychomotrice appliquée (didactique du soin psychomoteur, élaboration de l’intervention psychomotrice à caractère thérapeutique, analyse de la demande et entretien clinique), les questions spéciales de psychomotricité (psychopathologie et clinique psychomotrice, étude des troubles psychomoteurs, déontologie et éthique, législation professionnelle, pharmacologie), recherche et communication appliquées à la psychomotricité (pratique des écrits, méthodologie scientifique et recherche appliquée en psychomotricité, travail en équipe pluridisciplinaire et supervision).

Le premier semestre de la quatrième année est, quant à lui, consacré à la fin des cours de questions spéciales en psychomotricité et de l’épreuve intégrée.

« Notre formation au sein des cours de didactique constitue l’une des particularités de notre bachelier. Nous allons sur le terrain avec des enfants en âge maternel et dans l’enseignement spécialisé pour le soin psychomoteur. Nos étudiants sont encadrés par des psychomotriciens et par les enseignants sur le terrain », souligne Anne van den Bril.

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