Jessy Collignon, 25 ans, est éducateur spécialisé au sein de l’ASBL Home Le Foyer à Bothey (Gembloux). Ce service résidentiel pour adultes handicapés (S.R.A) accueille 50 hommes et femmes. Au quotidien, le jeune travailleur social améliore la qualité de vie des résidents et les accompagne dans la concrétisation de leur projet individuel.

 

Les premiers jours de janvier font franchement grise mine. Le ciel d’hiver a cessé de donner l’heure et n’offre que pluie persistante et froid pénétrant. Le bruit des essuie-glaces balaye un paysage monotone bordant une route principale qui nous conduits face à une imposante bâtisse.

Le jeune homme nous apparait, l’air jovial, dans son sweatshirt gris. Avenant à souhait, il nous invite à prendre place dans la grande salle de réunion. «  Comme on respecte les distances et que la fenêtre est ouverte, on peut enlever nos masques   », dira-t-il. Véritablement passionné par son métier, l’éducateur spécialisé nous livre un témoignage empreint de sincérité, d’entrain et d’humanité. Retour sur son parcours.

« Face à la gratitude des résidents et des professionnels, j’ai eu la confirmation que c’était le métier que je voulais exercer »

Le Guide Social : Pour quelle.s raison.s avez-vous choisi de devenir éducateur spécialisé  ?

Jessy Collignon : Après des études en secondaire dans l’enseignement technique, option animation, j’avais envie de comprendre comment fonctionnaient les personnes que j’avais eu l’occasion d’accompagner durant mes stages. Savoir comment réagir face aux enfants. Mieux comprendre les besoins des personnes âgées ou des personnes porteuses de handicap. J’ai donc entamé un Baccalauréat en éducateur spécialisé en accompagnement psycho-éducatif à la Haute Ecole De Brouckère à Jodoigne.

Le Guide Social : Comment s’est déroulé votre première confrontation avec le métier sur le terrain  ?

Jessy Collignon : J’ai réalisé plusieurs stages dans des domaines très différents à partir de la 5e secondaire. Je suis allé dans une école maternelle durant une semaine et puis dans une résidence-services pour personnes âgées. C’est là, face à la gratitude des résidents et des professionnels, que j’ai eu la confirmation que c’était le métier que je voulais exercer.

Le Guide Social : Et ensuite  ?

Jessy Collignon : En supérieur, j’ai réalisé un stage d’un mois dans le secteur du handicap au S.R.A Résidences Frère Mutien à Malonne (Namur).J’avais très peur le premier jour en arrivant. J’entendais des cris, je craignais d’être dépassé. J’avais peur des résidents car je ne savais pas comment ils allaient réagir. C’était ma première confrontation avec le monde du handicap. Au final, je me sentais à l’aise et j’ai vraiment apprécié cette expérience. J’ai donc réalisé mon second stage dans le même secteur mais dans une autre structure  : j’ai rejoint l’ASBL Gratte à Namur. Cette association organise des activités durant les week-ends et des séjours de vacances pour les jeunes de 18 à 35 ans porteurs de handicap.

« Je voulais me sentir utile et aider les gens »

Le Guide Social : Vous avez poursuivi vos stages dans le secteur du handicap  ?

Jessy Collignon : En dernière année, j’ai changé de domaine et j’ai effectué un stage de trois mois à la Chenille à Wépion (Namur), un service d’aide et d’accueil éducative (SAAE) pour les mineurs placés par le juge. A la fin de mon stage, j’ai été engagé pendant six mois. C’était très gratifiant d’aider des jeunes à se remettre en piste. Je me souviens d’un projet de potager qu’on avait lancé avec des enfants d’une même fratrie. On retournait la terre ensemble, c’était un très chouette moment. Mais dans l’ensemble, c’était très difficile sur le plan émotionnel de travailler dans ce milieu. Certaines situations dépassent ce qu’on voit dans les films. Je n’aurais pas pu continuer dans ce secteur.

Le Guide Social : Y a-t-il eu un événement déclencheur qui vous a poussé à quitter l’aide à la jeunesse  ?

Jessy Collignon : J’ai été fort marqué par une situation en particulier qui portait sur des faits de mœurs. Quand, au terme des 6 mois de mon contrat, je n’ai pas été renouvelé, je me suis dit que ce n’était pas plus mal.

J’ai alors accepté un job dans l’hypermarché où j’avais travaillé comme étudiant pendant mes études. J’y suis resté un an et puis j’ai eu envie d’exercer mon métier. Je voulais me sentir utile et aider les gens.

« Pour chaque résident, un projet individuel reprenant des objectifs est établi en incluant la famille »

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